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Hommage à un grand homme... Docteur Lemoine….Paul….Papa….Papy 7 août 1917 – 10 mars 2006 |
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Papa, Papy Paul Nous voulons aujourd’hui te dire merci, rappeler si c’est possible en quelques mots le père, l’homme, le mari, le médecin que tu as été. Tu aimais la vie, tu aimais voir naître et grandir, tu as passé une grande partie de ton temps à faire pousser cette vie. Celle des enfants bien sûr, les tout petits en priorité. Les tiens avaient leur place à part, dans une famille un peu hors du commun. Tu as partagé 61 ans de vie avec maman d’abord puis avec nous tous. Chaque naissance était pour toi un bonheur, tu savais que c’était folie pour d’autres. Tu n’avais jamais trop d’enfants autour de toi ; même si tu continuais à mener tes propres activités, tu les surveillais du coin de l’œil, leurs cris ne te perturbaient pas, les entendais-tu ? Tu t’intéressais à tous les enfants, tu leur as consacré ta carrière, tu t’es battu pour qu’on leur donne de l’amour, pour qu’on ne les traite pas comme des adultes en réduction, pour que les mères puissent les allaiter, pour qu’ils puissent jouer même à l’hôpital. Tu as été sensible à ces petits « mal foutus », ces heredo-alcooliques, tu as cherché à comprendre et tu as découvert le syndrome d’alcoolisme fœtal . Tu n’as pas attendu la reconnaissance qu’on te donne aujourd’hui pour approfondir tes recherches. Avant que se développe l’orthophonie tu as pris la défense des dyslexiques. Il faut dire que tu te reconnaissais bien dans ces rebelles de l’orthographe. Tu riais des erreurs là où les autres pères sanctionnent. L’essentiel pour toi était ailleurs. Tu aimais la vie, voir naître et grandir aussi les plantes, les oiseaux, les papillons. Tu avais transformé ton bureau en pépinière, tu semais, marcottais, greffais, tu avais la patience de planter un noyau pour voir un arbre et des fruits. Tu récoltais partout des graines, des boutures. Tu nous as appris à aimer cette nature, à grimper dans les arbres, à naviguer sur la mer, à observer les oiseaux et les plantes. Tu réalisais des bouquets somptueux, tu allais cueillir en haut du magnolia cette magnifique fleur blanche parfumée. Tu as toujours dépensé une force physique exceptionnelle et une grande habileté manuelle. Tu te réjouissais à la retraite de pouvoir rester en bleu de travail. Une bêche, une scie, une chignole, une aiguille, une pince Kocher, une seringue, une navette, tes mains étaient adroites pour fabriquer une barque, un escalier, réparer un cartable, une poupée, faire un filet, une épissure, recoudre un genou….Tu as transmis à tes enfants ce goût de faire, de créer, de ne pas rester inactif. Tu trouvais toujours le temps d’écrire et de lire, de plus en plus quand tes forces physiques t’ont abandonné. Ta tête n’a jamais arrêté de chercher, d’apprendre, découvrir. La veille de ta mort, à bout de souffle, tu visitais le musée Jules Verne et Indret, tu inscrivais le dernier mot dans une grille de mots croisés, tu esquissais un sourire pour ton arrière petit fils. Tu n’exprimais pas beaucoup tes sentiments mais nous savions bien quand tu t’inquiétais, quand tu te réjouissais, quand tu étais un peu déçu ou quand tu étais fier de nous. Tu nous laissais mener notre barque, tout en exprimant fort tes idées et tes convictions. Tu étais présent, tu ne le seras plus physiquement mais tu nous as laissé un héritage indélébile, des valeurs fortes que nous ne voulons pas trahir. Tu terminais ton livre en écrivant : « Les générations passent, les méthodes d’éducation varient, mais l’amour ne passe pas. »
Merci Marie pour ce texte... |
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